01 Madère – Atterrissage perilleux

14 novembre 2014, 16h25 – Crissement de pneus, tout le monde à bord retient sa respiration; et pour cause, l’aéroport, dont la piste est construite partiellement sur la mer est classé parmi les atterrissages les plus périlleux au monde. Si le pilote ne réussit pas sa manœuvre dans les temps, il devra remettre les gaz, comme lors d’un atterrissage sur un porte-avion, afin d’éviter à tout prix le crash dans la mer en bout de piste.

 

Heureusement cela n’arrivera pas aujourd’hui, les ailes de l’avion vacillent, mais l’appareil finit par s’immobiliser en bout de piste: c’est un succès ! La tension se relâche. Les applaudissements et les cris de joie couvrent les dernières consignes de sécurité du personnel de bord. L’exotisme de ma prochaine destination transpire déjà par le hublot: une mer d’un bleu profond qui scintille à l’horizon et dont les vagues viennent se casser sur la roche volcanique noire de l’île de Madère; sans compter cet accent musical et chaleureux qui m’accompagne depuis ma montée dans l’avion et qui me donne une bonne intuition quant à l’accueil que me réserveront les habitants de ce petit archipel portugais.  

Mais revenons en arrière. Pourquoi Madère ?

Madère au commencement

Destination peu connue du grand public contrairement à leurs cousines les Açores, Madère est un archipel d’îles appartenant au Portugal qui se situe au large du Maroc. L’île principale (portant le même nom que l’archipel) est un véritable petit paradis pour la randonnée. D’une part grâce à ses paysages spectaculaires nés de l’activité volcanique : d’ailleurs l’île n’est en fait qu’un immense massif volcanique sous-marin de plusieurs kilomètres de haut et dont seulement 1/3 émerge à la surface de l’eau. Et d’autre part, l’originalité des sentiers de randonnée qui sillonnent l’île réside dans le fait qu’ils suivent les « levadas », ces fameux canaux creusés au XVIe siècle afin de desservir toute l’île en eau douce. Certaines de ces levadas sont particulièrement connues et offrent des points de vue spectaculaires sur l’île !

Il ne m’en a guère fallut plus pour me décider: je voyagerai donc jusque Madère avec ma tente et mon sac à dos, pour une randonnée autour de l’île afin de me rendre témoin de la beauté de ses paysages, installant mon campement au grès de mes envies sur le parcours qui m’attendait.

PREMIERS PAS

Je sors de l’aéroport. Il fait une chaleur écrasante pour un mois de Novembre. L’air marin taquine mes narines et me colle à la peau.

  • C’est votre première fois à Madère ?
  • Si.
  • Vous verrez on s’y fait vite, le climat reste agréable toute l’année et les femmes sont magnifiques !

Quelque chose me dit que je ne m’étais pas trompé sur mon choix de destination, effectivement le climat est particulièrement doux pour cette période de l’année. Pour le reste j’attends encore de voir…

Après quelques zigzags dans les rues étroites de Machico, mon chauffeur me dépose devant la grande porte du Dom Pedro de Baia.

En voyage, j’évite en général les hôtels que je trouve un peu trop austères pour un voyageur seul, leur préférant l’ambiance « fourmilière » des auberges où l’on tombe toujours sur quelqu’un avec qui discuter, boire une bière, se détendre… Mais étant donné que le réseau d’auberges de jeunesse est quasi inexistant sur l’île, je me résous à dormir à l’hôtel. Je dois dire que son confort, sa piscine et sa vue imprenable sur la baie de Machico ne sont pas pour me déplaire. D’autant plus que ma première étape de randonnée m’attend demain et qu’une bonne nuit de repos me garantiras de partir du bon pied.

Ma chambre est rudimentaire, mais confortable, ce sera parfait pour la nuit. Certains équipements m’intriguent cependant, à l’image de cette cordelette surmontée d’un sigle « S.O.S » que je retrouve suspendue à proximité des toilettes. Je ris en m’imaginant le touriste gras et ventripotent tirer sur cette corde alors qu’il est sur le trône pour qu’une femme de chambre vienne l’aider à se relever après s’être acquitté de sa « commission ».

La nuit commence à tomber, je m’extirpe de ma chambre pour faire un tour en ville et en profite pour faire quelques provisions pour le lendemain, avant d’aller manger.

 

Lorsque j’entre dans le restaurant, j’ai droit à une scène typique de la vie de voyageur solo, un de ces « moments de solitude » comme on peut les appeler:

  • Bonsoir, je prendrais une formule buffet avec un verre de vin s’il vous plaît.
  • Très bien. Et pour Madame ?
  • Euh… Pas de Madame, je dîne seul comme vous le voyez.
  • Oh veuillez m’excuser, j’étais persuadé que vous étiez arrivé avec la jeune fille qui est en train de se servir là bas. (Sourire gêné)

Autant que j’aime la liberté incommensurable que procure le fait de voyager seul, s’il y a bien un désavantage que j’y concède, c’est le fait de devoir, de temps à autre, se retrouver à manger face à une chaise vide. J’ai tout bonnement horreur de ça. Si bien que je préfère manger sur le pouce dans la rue devant un stand de vente à emporter plutôt que de prendre le temps de m’asseoir dans un restaurant. Mais j’imagine que cela fait partie du prix à payer pour avoir droit à cette incroyable sensation de liberté !

4 réflexions sur “01 Madère – Atterrissage perilleux

  1. Je comprend, j’ai déjà eu l’occasion de voyager seule, il manque alors quelqu’un à qui dire « wahou, tu as vu comme c’est beau ? ». Mais d’un autre côté, il faut mieux faire les choses seules que ne rien faire du tout !
    Les photos de nuit sont très chouettes !

    J'aime

    1. Exactement ! Puis prendre le temps de voyager seul(e) est aussi ce qui te permet par la suite d’apprécier réellement une certaine compagnie et d’accepter plus facilement, je pense, certaines concessions qui s’imposent en route…

      Aimé par 1 personne

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